Vous savez quel concours vous visez. Vous connaissez les conditions d’éligibilité. Mais savez-vous précisément ce que vous allez devoir produire le jour J ?
C’est souvent la question la plus concrète et la plus sous-estimée. Derrière l’intitulé générique « épreuves écrites et orales », se cachent des formats très différents selon le grade visé : QCM, questions à réponses courtes, note de synthèse, dissertation, dossier de Reconnaissance des Acquis de l’Expérience Professionnelle (RAEP), mise en situation professionnelle, entretien avec jury… Chaque épreuve obéit à une logique, des attendus et une méthodologie qui lui sont propres.
Cet article vous propose un décryptage technique, concours par concours, des épreuves qui composent les concours de la FPH pour que vous puissiez vous préparez le mieux possible et mettre toutes les chances de vote côté pour réussir vos épreuves !
1. Les grandes familles d’épreuves en FPH : de quoi parle-t-on ?
Avant d’entrer dans le détail par concours, il est utile de poser les définitions. Les épreuves des concours FPH se répartissent en plusieurs grandes catégories.
Le QCM (Questionnaire à Choix Multiple)
Le QCM évalue des connaissances précises et factuelles. Il est souvent utilisé pour tester la maîtrise du cadre réglementaire, du statut de la FPH, de la terminologie médicale ou du fonctionnement des établissements. Le principal piège : les pénalités pour mauvaise réponse, présentes dans certains formats. La rapidité et la précision sont déterminantes.
Les QRC (Questions à Réponses Courtes)
Les QRC demandent une réponse structurée mais concise : de quelques lignes à un paragraphe. Elles évaluent la capacité à mobiliser une connaissance précise, à la formuler clairement et à hiérarchiser l’information. Il ne s’agit pas d’un QCM, mais il ne s’agit pas non plus d’un développement argumenté : la sobriété et la précision sont ici des qualités décisives.
La note de synthèse
La note de synthèse est une épreuve de traitement de l’information. À partir d’un dossier documentaire (articles, rapports, textes réglementaires…), le candidat doit produire un document clair, structuré et objectif, qui restitue fidèlement les idées principales du corpus sans y ajouter son opinion personnelle. C’est une épreuve de méthode autant que de culture.
La dissertation
La dissertation évalue la capacité à construire une réflexion personnelle, argumentée et nuancée, sur une problématique en lien avec le secteur sanitaire et social. Contrairement à la note de synthèse, elle attend un point de vue, une analyse, une prise de position étayée. Elle exige une culture générale hospitalière solide et une maîtrise parfaite du plan dialectique ou thématique.
Le dossier RAEP (Reconnaissance des Acquis de l’Expérience Professionnelle)
Utilisé principalement pour les concours internes, le RAEP est un dossier écrit dans lequel le candidat décrit son parcours professionnel, ses compétences acquises et les liens avec les missions du grade visé. Ce n’est ni un CV, ni une lettre de motivation : c’est un document structuré, codifié, qui sera étudié par le jury avant l’entretien oral.
L’épreuve orale
L’épreuve orale prend des formes variées selon les concours : entretien à partir du dossier RAEP, mise en situation professionnelle, exposé suivi de questions, ou entretien de motivation. Ce qui est systématiquement évalué : la posture professionnelle, la capacité à argumenter sous pression, la cohérence du projet et l’aisance à l’expression orale.
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2. Les épreuves concours par concours
Concours d’Adjoint des Cadres Hospitaliers (ACH) — Catégorie B
Le concours d’ACH est organisé sous forme de concours sur épreuves (externe et interne). Il se déroule en deux phases.
Phase d’admissibilité – épreuves écrites :
- Une composition portant sur une question d’ordre général relative aux problèmes économiques, sociaux ou sanitaires du monde contemporain. Il s’agit d’un exercice proche de la dissertation, qui requiert une structuration claire, une argumentation développée et une culture générale actualisée. Durée : 3 heures.
- Pour le concours interne : une épreuve de cas pratique ou une note administrative en lien avec les missions d’un adjoint des cadres. Elle évalue la capacité à analyser une situation professionnelle concrète et à proposer des solutions opérationnelles.
Phase d’admission – épreuve orale :
- Un entretien avec le jury à partir d’un exposé du candidat sur son parcours et son projet professionnel, suivi de questions. L’entretien dure généralement 20 à 30 minutes. Il évalue la motivation, la capacité de réflexion et la connaissance de l’environnement hospitalier.
Ce qu’il faut travailler en priorité : la structuration d’un plan en deux ou trois parties, la maîtrise du vocabulaire administratif et institutionnel, la connaissance des grandes réformes hospitalières récentes.
EMS propose un accompagnement individuel en distanciel au concours d’Adjoint des Cadres Hospitaliers (ACH)
Concours d’Assistant Médico-Administratif (AMA) – Catégorie B
Le concours AMA comporte plusieurs branches (secrétariat médical, régulation médicale). Les épreuves varient légèrement selon la branche, mais le schéma général est le suivant.
Phase d’admissibilité – épreuves écrites :
- Une épreuve de rédaction administrative ou de traitement d’un dossier portant sur des thèmes liés à l’activité d’un secrétariat médical (prise en charge administrative d’un patient, gestion des rendez-vous, rédaction de courriers médicaux…). Elle évalue à la fois les compétences rédactionnelles et la maîtrise des procédures hospitalières.
- Des questions à réponses courtes (QRC) portant sur la terminologie médicale, le fonctionnement d’un établissement de santé et les droits des patients. Ces questions nécessitent une connaissance précise et structurée, pas un développement extensif.
Phase d’admission – épreuve orale :
- Un entretien avec le jury évaluant la motivation, la connaissance du métier d’AMA et la capacité à se projeter dans les missions du poste. Pour la branche régulation médicale, cet entretien peut inclure des mises en situation liées à la gestion d’appels ou à la priorisation des urgences.
Ce qu’il faut travailler en priorité : la terminologie médicale, les droits des usagers du système de santé (loi du 4 mars 2002), les circuits de prise en charge administrative.
EMS propose un accompagnement individuel au concours d’AMA et une préparation collective en inter ou intra-établissement, sur devis.
Concours de Technicien Hospitalier (TH) et Technicien Supérieur Hospitalier (TSH) – Catégorie B et C
Les concours TH et TSH présentent une particularité : ils couvrent de nombreuses spécialités techniques (maintenance, biomédical, informatique, logistique, cuisine…). Les épreuves intègrent systématiquement une dimension technique spécialisée, mais aussi une dimension institutionnelle souvent négligée par les candidats.
Phase d’admissibilité – épreuves écrites :
- Une épreuve technique portant sur la spécialité choisie par le candidat. Elle peut prendre la forme de questions à réponses courtes, de cas pratiques ou de questions de technologie. Elle évalue la maîtrise métier.
- Une épreuve portant sur l’organisation et le fonctionnement des établissements de santé. Sous forme de QCM ou de QRC, elle teste la connaissance de la FPH, des instances hospitalières, des grandes réformes et du statut des agents.
Phase d’admission – épreuve orale :
- Un entretien professionnel à partir du parcours du candidat. Le jury interroge sur la maîtrise technique, mais aussi sur la capacité à s’intégrer dans un établissement public et à comprendre ses contraintes organisationnelles.
Ce qu’il faut travailler en priorité : la maîtrise de sa spécialité technique, bien sûr — mais aussi la connaissance du système hospitalier public, que beaucoup de candidats sous-estiment. Une lacune sur les instances ou le fonctionnement d’un GHT peut faire la différence.
EMS propose un accompagnement individuel au concours de Technicien (TH) et de Technicien Supérieur Hospitalier (TSH)
Concours d’entrée à l’école des cadres de santé – Catégorie A
Ce concours conditionne l’accès à la formation de cadre de santé. Il s’adresse aux infirmiers, rééducateurs et médico-techniques ayant une expérience significative.
Phase d’admissibilité – épreuve écrite :
- Une épreuve écrite de culture générale orientée santé, souvent sous la forme d’une note ou d’un texte à analyser et commenter. Elle évalue la capacité de distanciation par rapport à sa pratique clinique, l’aptitude à réfléchir sur le système de santé et la qualité de l’expression écrite.
Phase d’admission – épreuves orales :
- Un entretien de motivation approfondi devant un jury. Le candidat expose son projet de formation et de management. Le jury évalue la maturité professionnelle, la cohérence du projet et la capacité à se projeter dans le rôle de cadre — c’est-à-dire à sortir de la posture de soignant pour endosser une responsabilité d’encadrement.
- Certains centres de formation organisent également un entretien à partir d’un texte ou d’une situation à analyser, pour évaluer les capacités réflexives du candidat.
Ce qu’il faut travailler en priorité : la construction et la verbalisation d’un projet professionnel solide, la capacité à analyser sa pratique avec recul, la connaissance des enjeux actuels de l’encadrement infirmier.
EMS propose des cycles de préparation au concours d’entrée à l’école des cadres de santé (IFCS) en intra ou inter-établissement.Le programme complet est ici. Demandez-nous un devis sur-mesure.
Concours de Cadre Supérieur de Santé (CSS)
Le concours de CSS permet aux cadres de santé d’accéder à des fonctions d’encadrement supérieur. Il s’agit d’un concours interne, souvent organisé par établissement ou au niveau régional.
Phase d’admissibilité :
- Un dossier RAEP : le candidat formalise par écrit son parcours professionnel, ses compétences managériales et sa vision du rôle de cadre supérieur. Ce dossier est transmis au jury avant l’oral. Sa qualité rédactionnelle et son architecture sont décisives.
Phase d’admission :
- Un entretien oral à partir du dossier RAEP, complété par des questions portant sur le management, la gestion des équipes et les grands enjeux du secteur hospitalier. Le jury cherche à évaluer le potentiel de leadership, la capacité à arbitrer des situations complexes et la vision stratégique du candidat.
Ce qu’il faut travailler en priorité : la rédaction du RAEP est souvent sous-estimée. Un dossier mal structuré ou trop narratif dessert le candidat, même si son parcours est riche. L’oral requiert une posture assurée et une capacité à argumenter sous pression.
EMS propose un accompagnement individuel en distanciel au concours de Cadre Supérieur de Santé.
Concours de Directeur des Soins (DS) – Catégorie A+
C’est le concours le plus exigeant et le plus sélectif de la filière soignante. Il est organisé par le Centre National de Gestion (CNG) et donne accès à l’EHESP.
Phase d’admissibilité – épreuves écrites :
- Une dissertation portant sur un sujet de politique de santé, d’organisation hospitalière ou de management des soins. Durée : 4 heures. Elle attend une problématique construite, un plan équilibré, une argumentation nuancée et une culture hospitalière solide. C’est l’épreuve qui élimine le plus grand nombre de candidats non préparés.
- Une note de synthèse à partir d’un dossier documentaire. Durée : 3 heures. Elle exige une restitution fidèle, une hiérarchisation rigoureuse des informations et une rédaction parfaitement structurée. Les opinions personnelles n’ont pas leur place ici.
Phase d’admission – épreuves orales :
- Un entretien de reconnaissance des acquis de l’expérience professionnelle, à partir d’un dossier transmis en amont. Le candidat présente son parcours, ses projets menés, sa vision du métier de Directeur des Soins. Le jury évalue la posture, la profondeur de réflexion et la capacité à se projeter dans un rôle de direction.
- Un exposé suivi de questions sur un sujet tiré au sort portant sur les grandes thématiques du système de santé (gouvernance, ressources humaines, qualité des soins, financement…).
Ce qu’il faut travailler en priorité : la méthodologie de la dissertation et de la note de synthèse d’abord – sans elle, les connaissances ne peuvent pas être valorisées. Ensuite, la culture hospitalière : gouvernance, T2A, GHT, HAS, actualité des politiques de santé. Et enfin, l’oral : présence, posture, capacité à argumenter avec hauteur de vue sous le regard d’un jury exigeant.
EMS propose une préparation au concours de Directeur des Soins. En 2025, 94% de nos candidats ont été admissibles, et 89% ont été admis à l’EHESP. Découvrez les résultats ici.
Concours de Directeur d’Hôpital (DH) et D3S – Filière de direction
Ces concours permettent d’accéder au corps des directeurs d’hôpital ou des directeurs d’établissement sanitaire, social et médico-social, via l’EHESP. Ils sont accessibles par concours externe, interne et troisième concours.
Phase d’admissibilité – épreuves écrites :
- Une composition portant sur les politiques publiques sanitaires et sociales, le management public ou le droit de la santé. Le niveau attendu est élevé : l’analyse doit être rigoureuse, documentée et témoigner d’une maîtrise des réformes récentes.
- Des épreuves spécialisées selon la voie : droit public, finances publiques, gestion des organisations… Le programme varie selon le concours (externe, interne, troisième) et est précisé par les textes réglementaires.
Phase d’admission – épreuves orales :
- Un entretien avec le jury évaluant les qualités de dirigeant : vision stratégique, capacité de décision, leadership, connaissance du secteur public hospitalier.
- Pour le concours interne et le troisième concours : une présentation du dossier RAEP comme point de départ de l’entretien.
Ce qu’il faut travailler en priorité : le droit public et les finances hospitalières sont souvent les épreuves les plus discriminantes pour les candidats issus de profils soignants. Une préparation longue et structurée est indispensable.
EMS accompagne les futurs directeurs d’hôpital et directeurs d’ESSMS via une préparation individuelle au concours DH/D3S. Demandez-nous un devis ici.
3. Ce que révèle la nature des épreuves sur la préparation à conduire
La lecture croisée de ces épreuves permet de tirer plusieurs enseignements pratiques.
La méthodologie prime sur l’encyclopédisme. Connaître un sujet ne suffit pas si l’on ne sait pas le restituer dans le format attendu. Un candidat qui maîtrise la méthode de la note de synthèse, même sur un thème peu familier, sera plus performant qu’un candidat qui connaît tout sur le fond mais ignore la forme.
Chaque format d’épreuve requiert un entraînement spécifique. On ne prépare pas un QCM comme une dissertation, ni une note de synthèse comme un dossier RAEP. Les logiques sont différentes et les erreurs ne sont pas les mêmes. Il est essentiel de consacrer du temps à chaque type d’épreuve séparément.
L’oral n’est pas un bonus : c’est une épreuve à part entière. Pour les concours de catégorie A et A+, l’oral peut représenter jusqu’à 50 % du total des points. Il se prépare activement : simulation de jurys, travail de la posture, entraînement à l’argumentation en temps contraint.
Le dossier RAEP est un exercice rédactionnel exigeant. Beaucoup de candidats le sous-estiment, pensant qu’il suffit de « raconter son parcours ». Or le jury attend un document structuré, avec des rubriques précises, une mise en valeur des compétences acquises et une projection sur le poste visé. Sa construction mérite autant de soin que les épreuves écrites classiques.
« Les concours de la FPH ne sélectionnent pas uniquement sur les connaissances : ils sélectionnent sur la capacité à les restituer dans des formats précis, sous contrainte de temps, devant un jury ou sur copie blanche. C’est précisément ce qui rend la préparation si décisive ». Jenna SAYCHANH, directrice d’EMS.
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